Pages d'écriture !

par Catherine

 

Un conte pour une vie, ça compte !

 

Une histoire pour y croire

Un enfant éternellement

Dans mes souvenirs sourit

Et rit, et pour lui

Rien de trop beau, rien de trop vrai

De grandir était son plus grand souhait

Mais à jamais il reste

Cet enfant du conte

 

 

 

 

 

KIM-BALA

 

Il était une fois un petit sapin et un petit lapin. Ils s’aimaient tendrement. Ils auraient voulu se marier mais ils ne le pouvaient pas car un petit sapin est un petit sapin et un petit lapin, un petit lapin.

 

Ils passaient presque toutes leurs soirées ensemble à se raconter des histoires qu’ils imaginaient et aussi tout ce qui avait pu les étonner dans la journée, les réjouir, les surprendre, les peiner aussi, tout ce qu’ils avaient appris. Ils s’inventaient des voyages… Bref, ils s’aimaient !

 

Un jour que le petit lapin s’était aventuré un peu loin de son terrier, il se laissa surprendre par un renard affamé. Heureusement pour lui, un renard affamé depuis plusieurs jours n’a pas autant de force qu’un renard bien nourri ! Petit lapin réussit à s’échapper jusque près de son ami le petit sapin. Celui-ci souleva vite une de ses racines et cacha son ami dessous, à l’abri sous la mousse. Le renard, déçu, s’en alla au bout de quelques temps à la recherche d’un autre repas.

 

Leur amitié devint plus forte et plus belle : « je te dois la vie, dit le petit lapin, merci mon ami ! »

 

« Bah ! Tu aurais fait la même chose, petit lapin », répondit le petit sapin.

 

Puis, vint l’hiver et, avec lui, la période de Noël. Les deux amis se tenaient chauds l’un l’autre : petit sapin abritait petit lapin dans ses racines, petit lapin réchauffait de sa fourrure les racines de petit sapin.

 

Or, un bûcheron vint à passer par là et vit le petit sapin. « Ma foi, il ferait un joli arbre de Noël, pensa-t-il tout haut, je pourrais aller le vendre à la ville avec ces trois autres que je vois là et ceux que j’ai déjà coupés hier. »

 

Les deux amis, horrifiés, se virent séparés à jamais. Le bûcheron commença à sortir sa hache, à l’affûter et… Petit lapin se décida très vite : il courut comme un fou vers le repaire des loups qu’il avait si soigneusement évité depuis leur arrivée dans la forêt. La meute famélique se rua sur lui, en pagaille, s’entravant les uns les autres, mais il ne l’attendit pas. Il revint sur ses pas, courant, sautant à perdre haleine, ne pensant qu’à son ami qui déjà, peut-être…

 

Ouf ! il était encore temps : le bûcheron avait déjà coupé un des arbres et s’apprêtait à entamer le tronc de petit sapin quand il se précipita de justesse entre ses racines. L’homme, terrifié, avait déjà lâché sa hache et s’enfuyait, les loups sur les talons. On ne le revit jamais, ni aucun autre d’ailleurs.

 

 

 

 

 

 

Il était une fois...

 

L’âme de l’art-thérapeute est comme un enfant qui découvre les secrets de la vie, l’univers en son entier ouvert à lui.

Il ne comprend pas tout mais là n’est pas l’important, quand il crée il est, il accompagne avec bonheur ceux qui frappent à sa porte, appellent au secours.

Il sait qu’il ne sait pas, c’est son garde-fou.

Il cherche, crée sans cesse son métier, son âme y est présente en son entier, sa grande force il la tire de son humilité et de sa sensibilité.

Il est en révolution perpétuelle, toujours en quête.

Il sait qu’il ne peut pas tout, mais il fait de son mieux, ne cesse de creuser, d’attiser sa curiosité.

Sa richesse est dans sa foi en tout être, sa volonté est son fer de lance.

 

Il sera une fois…

 

 

A vous !

 

Risques réels de vous fondre dans le chaos tant craint de vous et pourtant si riche

« Si vous n’en sortiez plus ! »

Telle est votre peur (tel est votre effroi)

Habités que vous êtes de votre besoin d’ordre

Et pourtant quel élan,

Rime, rire dans ce risque

Anticipez, arrimez-vous sur l’aile de la créativité, puissiez-vous revenir du chaos

Elevés au-dessus des eaux noires, ultime (sublime ?) alliance,

Et terrible et magnifique, créez !

 

 

Toi

 

Foi, petite flamme vacillante, vaillante aussi

Oscillant entre braise dormante et lave incandescente.

Le sol ainsi léché s’enrichit sous la brûlure

 

Talents cachés

Talents dormants

Talents puissants

 

Tourmentée, jamais en repos, bouillonnante

Sensibilité à fleur de peau

Regard sur le monde

 

 

Etre

 

Accueillir la personne en son être,

L’accompagner sur son chemin de vie sans trop interférer sauf pour l’étayer,

La voir s’épanouir, aller à la conquête de son autonomie

Et…suivre sa quête intérieure.

 

 

Ame

Histoire d’une âme vive

Mémoire miroir

Ensemencée, élastique, évanescente.

Dans son élan l’être authentique rêve à tire-d’aile,

Toute harmonie est révélée

Air, eau, terre et feu,

Pépites extraites

Ultimes traces ensemencées par le chaos

Ainsi va l’âme de l’art-thérapeute.

 

L’âme de l’art-thérapeute

Attise la mémoire évanescente

 

 

 

 

 

 

 

Sonnet pour toi

 

Ah ! Si j'étais vous je ne serais pas si triste

Vous voyez bien qu'il ne sera jamais à vous.

A son amour pour une autre, à vous je l'avoue.

Cependant si je ne semble guère optimiste

 

C'est qu'emporté par la jalousie je m'enlise

Car je crains qu'au grand jamais mon amour pour vous

Ne touchera votre coeur si épris, si fou

D'un autre que moi, que mon âme sur la piste

 

Piste aux étoiles, pauvre clown sur fil tendu !

Pour que se pose votre regard éperdu

Sur moi assoiffé d'une passion dévorante

 

M'étourdir sur le sol foulé par les étoiles ?

Ou dans un flot de satin, de soies odorantes ?

Ah ! Des deux, quelle sera celle qui dévoile ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le petit garçon qui avait arrêté de grandir

 

Chapitre 1

Un secret révélé et tout s’éclaire

 

« Imagine un monde, un monde qui ressemble étrangement au nôtre. Il était une fois, dans ce monde, au pays des Grandes Plaines, un petit garçon, tout petit, tout petit… mais plus grand que le Petit Poucet, tout de même !

 

Ce jour-là, comme souvent, le petit garçon revint de l’école les yeux brillants de larmes et se jeta dans les bras de ses parents. Il leur expliqua entre deux sanglots :

 

- Maman, papa, ils se sont encore moqués de moi en récréation : ils m’ont dit que j’étais trop petit pour jouer avec eux, que je n’étais qu’un bébé !

 

- Et tu t’es battu n’est-ce pas, ajouta doucement sa maman, en examinant les marques sur le visage de son fils et ses habits un peu déchirés et poussiéreux.

 

Tout penaud, il lui répondit d’une toute petite voix :

 

- Oui… Mais pourquoi je reste tout petit, pourquoi ?

 

Elle soupira, regarda son époux, tous deux hésitaient. Une fois de plus leur enfant s’était lancé, tête baissée, dans une mêlée inéquitable pour laisser crever son chagrin. Comment lui expliquer ce qui était arrivé ? Peut-être était-il temps d’accepter le passé, si pénible soit-il ; cela n’aiderait-il pas leur fils s’il pouvait comprendre ? Ils le serrèrent encore plus fort sur leur cœur, se regardèrent et surent qu’ils étaient d’accord.

 

Le papa commença alors :

 

- Le temps est venu de te raconter cette histoire : quand j’appris que nous allions avoir un bébé, fou de joie, je partis dans la forêt près du village où nous habitions alors. J’avais déjà repéré un magnifique chêne très vieux que je trouvais digne de servir pour ton berceau.

 

Il continua de plus en plus ému :

- Hélas ! L’arbre que j’allais abattre était la demeure d’un lutin. Dès le premier coup donné sur le tronc, il m’apparut sous les traits d’un vieux petit homme à l’air chagrin qui me menaça d’une terrible vengeance : « Tu seras puni, j’atteindrais ton cœur de la façon la plus terrible qu’il soit ! » me cria-t-il d’une voix stridente. Et il disparut, d’un coup!

 

- Alors la forêt s’assombrit, la terre se mit à trembler, les arbres s’élevèrent très haut dans les cieux, leur tronc devint monstrueux, leur feuillage forma une trame si serrée que les rayons du soleil pouvaient à grand peine s’y frayer un chemin…

 

Le père s’arrêta brusquement, reprenant son souffle, son regard douloureux posé sur le visage de sa femme comme pour trouver l’énergie qui lui manquait soudain. Celle-ci sentit son désarroi et, pressant légèrement sa main, elle continua le récit :

- Ton père, affolé, se précipita à la maison, le cœur battant : à son grand soulagement il me trouva saine et sauve. Il me conta sa terrible mésaventure. Nous décidâmes de mettre, entre cette forêt devenue maudite et nous, la plus grande distance possible.

 

Emportée par son récit, elle ajouta avec force :

- Nous avons changé de pays, nous avons changé de vie, mais nous ne parvenions pas à oublier les menaces du lutin jusqu’à ce que tu naisses, en bonne santé, que tu deviennes un adorable petit garçon pétillant de vie. Alors avec le temps, nous finîmes par nous persuader que nous avions rêvé ce cauchemar. Nous étions très heureux tous les trois dans cette nouvelle maison. Mais l’abominable personnage ne nous avait pas oubliés, lui, car nous nous sommes aperçus, quelques années plus tard, que tu ne grandissais pas beaucoup et maintenant, plus du tout ».

 

Le père reprit : « Voir souffrir son enfant par sa faute, même involontaire, est la pire des souffrances pour un père ou une mère et cela les atteint droit au cœur de la manière la plus terrible qui soit ! La malédiction est sur toi et nous ne savons que faire pour détruire ce sort ! »

 

Le petit garçon regardait, stupéfait et effrayé, ses parents qui pleuraient et ne put en supporter davantage : il s’enfuit, courant à perdre haleine.

 

Quand il s’arrêta enfin, il s’aperçut qu’il était allé droit vers son refuge, connu de lui seul, où il pouvait goûter à une solitude parfois désirée, quelquefois imposée par la cruauté des autres enfants. C’était comme un nid douillet, fait à sa mesure, tapissé de mousse, aménagé délicatement au cœur d’un taillis. Le soleil, malicieux, s’infiltrait à travers les branches épineuses et caressait ou chatouillait de ses rayons, selon son humeur, le visage du petit garçon.

 

Ce jour-là toutefois, le soleil tardait au rendez-vous quand soudain, un rayon, timide, se fraya un chemin dans les buissons qui semblaient s’être resserrés un peu plus pour protéger leur ami si triste ; au regard de l’enfant s’offrit alors une coccinelle posée, là, sur la mousse, telle une artiste sur scène éclairée par les projecteurs. Il s’allongea à plat ventre et la tête entre les mains, il lui raconta sa peine, jouant à s’imaginer qu’elle pouvait le comprendre.

 

Quelle ne fut pas sa surprise quand il entendit soudain une toute petite voix lui répondre : « Pourquoi n’irais-tu pas à la recherche du lutin ?

- Est-ce bien toi qui me parles, petite coccinelle, demanda, abasourdi, le petit garçon.

- Bien sûr, répliqua-t-elle, qui veux-tu que ce soit ?

- Mais, je ne comprends pas !

- Il n’y a rien à comprendre, n’essaie surtout pas !

 

Le petit garçon ne savait que penser. Le silence s’installait dans son refuge.

 

Enfin il se décida :

- Tu as raison. Si je veux annuler le mauvais sort qui m’empêche de grandir, je dois rechercher cet affreux personnage. Mais, comment le retrouver ?

- Demande à tes parents. Ils te diront où est la forêt maudite. Le lutin ne doit pas en être bien loin.

- C’est certain ! Cependant, je crains de leur faire de la peine, et… Ils vont avoir peur pour moi… Et s’ils m’empêchent de partir ?

- Ils t’aiment, aie confiance, ils comprendront.

 

 

Chapitre 2

Rencontre avec la vieille femme

 

Le petit garçon, rempli d’espoir mais aussi d’appréhension, alla retrouver ses parents. Il attendit cependant le lendemain matin pour leur faire part de sa décision. Il leur demanda alors où était le pays du méchant lutin et comment retrouver la forêt ensorcelée. D’abord ils furent effrayés devant la détermination de leur fils, puis ils comprirent que c’était à lui de prendre son destin en main : c’était sans doute son unique chance de conjurer le sort qui l’emprisonnait.

 

Son père lui expliqua :

- Pars, laissant le soleil derrière toi, traverse notre pays, celui des collines, puis celui des sept rivières et tu arriveras au pays de la forêt maudite. Tu la reconnaîtras de loin car, au beau milieu d’elle, ombrageant une vaste clairière, se dresse le magnifique chêne dont je t’ai déjà parlé : il dépasse la cime de tous les autres arbres.

 

Après avoir avalé un petit déjeuner substantiel et écouté les nombreux conseils de ses parents, il prit son sac, empli des bonnes victuailles préparées par sa maman et sortit sur le pas de la porte. Après de longues et tendres étreintes, son père lui donna une ultime recommandation :

- Rappelle-toi, mon fils, le lutin m’est apparu sous la forme d’un petit personnage à longue barbe blanche, mais j’ai entendu dire qu’il pouvait prendre d’autres formes. Fais bien attention !

 

Enfin, le petit garçon se mit en route vers l’ouest, tournant le dos au soleil, son ombre gigantesque projetée droit devant lui : quel merveilleux présage ! Il était bien un peu triste de partir si loin de chez lui, mais avait le cœur plein d’allégresse à l’idée de l’aventure qui l’attendait.

 

Il marchait depuis quelques heures, le soleil le rattrapant peu à peu dans sa course, quand il rencontra une vieille dame assise au bord du chemin. Elle semblait très lasse et ses vêtements étaient froissés et poussiéreux. Il la salua poliment :

- Bonjour, Madame.

- Bonjour, mon enfant, répondit-elle, son regard planté droit dans celui du petit garçon qui s’arrêta, intrigué. Ses yeux bleu vert, étonnamment jeunes dans ce visage si ridé, pétillaient de malice quand elle ajouta : « Aiderais-tu une pauvre vieille femme fatiguée ? »

 

Séduit, il s’écria : « Hé bien ! Si cela est en mon pourvoir… »

- Je dois me rendre chez ma fille ; elle habite à quelques kilomètres au nord d’ici. Mais je suis si exténuée, mon voyage a été si long, mes bagages sont lourds. Pourrais-tu m’accompagner ?

- C’est-à-dire…

La femme insista : « Ma fille doit déjà s’inquiéter !

 

Le petit garçon hésitait. S’écarter de son chemin équivalait à se détourner de son destin, pensait-il. Il avait hâte d’arriver au but. Ce contretemps lui paraissait fâcheux. Cependant, laisser cette vieille dame, seule, au bord de la route, sans aide, lui déplaisait.

 

Soudain, une brise se leva, s’amplifia et dans ce vent une voix soufflait à l’enfant de continuer son chemin, de ne pas se détourner de sa quête, sous peine de ne jamais l’atteindre. Éperdu, il ne savait plus que faire. Il finit par se boucher les oreilles, pour ne plus entendre cette voix qui s’insinuait en lui de plus en plus persuasive.

 

Et alors qu’il commençait à céder, il se rappela la mise en garde de son père et comprit :

- Je sais que c’est toi, méchant lutin, cria-t-il au vent. Je ne t’écouterai pas, laisse-moi ! Non, attends, je veux que tu me délivres de…

 

Mais, brusquement, une bourrasque de vent plus forte souleva la poussière du chemin et fouetta le visage de nos deux voyageurs. Et ce fut tout. Réprimant un sanglot, le petit garçon s’empara des bagages de la vieille femme et l’accompagna jusqu’à la maison de sa fille.

 

Alors la vieille dame, qui n’avait pas prononcée une parole de tout le chemin, lui dit :

- Prends ce flacon, il contient une goutte d’un élixir qui peut tout guérir. Garde-le précieusement.

- Je vous remercie, Madame, j’y ferais très attention. Maintenant je dois vous quitter, mon voyage est encore long.

- Attends ! Écoute-moi : je sais ce que tu cherches. Si tu veux te rendre à la forêt maudite, conduis tes pas jusqu’au pays des collines, monte tout en haut de la colline pourpre. Tu y rencontreras un géant, gardien des potions magiques…

 

L’enfant écoutait attentivement, comprenant au ton grave de la vieille dame, l’importance des informations qu’elle lui communiquait. Elle poursuivit :

- Tu devras trouver le moyen d’obtenir la potion magique qui a le pouvoir de vous emmener là où vous le désirez, si vous pensez très fort à cet endroit au moment où vous l’avalez. Mais, n’oublie pas, n’hésite pas à boire d’un seul coup cette potion, sinon tu errerais infiniment entre deux espaces !

Sa fille prit alors la parole :

- Viens prendre ton repas avec nous. Puisque tu as une longue route à faire, il te faut reprendre des forces.

 

L’enfant accepta de bonne grâce, il se sentait affamé tout à coup. Quand il fut rassasié, il remercia la mère et la fille et reprit le chemin inverse, d’un pas alerte.

 

Il arriva bientôt sur la route qu’il devait emprunter pour se rendre au pays des Collines. Le soleil continuait sa course dans le ciel et l’enfant savait qu’il irait, tout à l’heure, au-devant de l’astre déclinant.

 

Ensuite, ce serait la nuit et il devrait trouver un coin où dormir en sécurité.

Mais pour le moment, il se hâtait, dans le vain espoir de rattraper le temps perdu.